13.Quelques fausses peurs et vrais chagrins!

Le moment que préférait La Puce au camping était celui du feu de camp. C’était l’heure où chacun pouvait parler des moments forts de la journée mais aussi au fur et à mesure que la noirceur tombait, le temps de se raconter des histoires de peur.

Quelques bêtes affreuses revenaient hanter les conversations mais deux d’entre elles marqueraient particulièrement l’imaginaire de notre héroïne :

1. La moufette

Même les plus braves tremblaient à son évocation.La Puce ne faisait pas exception.C’est qu’une rencontre avec ce monstre impliquait nécessairement un châtiment bien cruel: un bain dans du jus de tomates,la seule situation pouvant s’avérer pire que celle de prendre un bain tout court.Le monstre s’avérait particulièrement menaçant le jour des poubelles. C’est donc en courant à perdre haleine que La Puce revenait d’aller porter les déchets au chemin,avec cette joie toujours renouvelée d’avoir déjoué le sort et d’avoir survécu au pire.Beaucoup d’émotions pour éviter de rencontrer de jour un animal en réalité nocturne.Jusqu’à ce qu’elle entende parler du:

2.Le siffleux

Cette bête sauvage et monstrueuse avait été aperçu aux abords du sentier menant au petit bois.C’était selon les dire du gardien de nuit, une bête monstrueuse au corps trapu,à la tête hideuse,aux yeux méchants,aux dents acérés et aux griffes pointues qui ne manquait pas d’attaquer les enfants qui s’écartaient du sentier et sifflerait son mécontentement s’il advenait qu’un marmot ose avoir un comportement désobligeant face à la nature qui l’entourait.C’est ce qui lui valait le nom de marmotte! Aussi, bien que La Puce n’eut jamais la malchance de la rencontrer, elle lui vouait un respect immense.Mais pas autant qu’aux adultes qui loin des repères pédagogiques d’aujourd’hui savaient que les peurs d’enfants révèleraient toutes leurs magies une fois qu’ils seraient devenus grands.

Par défaut

Quelques trucs à oublier….

La première année, nous avions emprunté une tente à un ami sans vérifier qu’il manquait 2 poteaux et le toit.

La deuxième année,on oublia les oreillers…. 

À chaque année son oubli….

Malgré une liste sérieuse et pourtant bien élaborée ,on arrive toujours à laisser quelque chose d’important à la maison. 

On finit par parier sur l’inévitable et on ne mise jamais sur le bon item.

Par contre,on se retrouve toujours avec des objets qui ne remplissent pas leurs promesses et prennent trop de place dans un espace restreint:

-gadgets de cuisine,conserves, jeux pour les enfants….

Alors que le plus simple plat de nouille se révèle souvent de la haute gastronomie après une journée d’excursion et que les enfants finissent par jouer avec: des roches,des branches,des cocottes et peuvent passer des heures à observer des chenilles,des grenouilles et dernier coup de cœur de ma fille: une limace…

Parfois il m’arrive de penser qu’à trop se préparer à partir, on s’y perd!

  Mais le plus important c’est qu’on finit par se retrouver nous!

C’est le bonheur que je vous souhaites à tous!

Bonnes vacances!

Gege

 

Par défaut

1.MA CORDE À LINGE!

Depuis le temps que j’en rêvais!

Constatations:

Habituellement le lavage chez nous c’est le lundi mais hier il faisait tellement beau!

Première constatation: les brassées suivront la météo !

Deuxièmement : Je  profite de l’extérieur plutôt que des profondeurs obscures de la cave.

Troisièmement : le séchage est rapide et sent tellement bon!

 

Questions:

1. Quel sera l’économie d’énergie et monétaire que e je pourrai réaliser versus l’utilisation de ma sécheuse si j’étend mon linge de fin juin à début septembre?

2. Est-ce que la température sera assez clémente pour me permettre de pousser l’expérience jusqu’au bout?

3….Et euh…. Les sous- vêtements : c’est quand même assez gênant quand arrive de la visite … Non?Image

 

Par défaut

12./LA VIE SAUVAGE!

C’était à n’y rien comprendre!

Plus le temps passait et moins La Puce comprenait rien de rien à rien. Elle se doutait bien maintenant pourquoi le zéro n’existait pas du temps des Romains. Il avait fallut probablement du temps à l’humanité pour savoir que la logique pouvait s’exprimer par pas grand chose ou son contraire.

Les adultes pensaient déjouer le tout en parlant. Ils pouvaient alors développer des trésors de nullité en accumulant le plus de mots possible pour ne rien dire!

Voilà à quoi pensait La Puce en observant sa mère consulter un plan en français-chinois-hindou censé indiquer comment monter une tente. Elle l’a vit tourner la feuille de dépit et soupirer de soulagement. Le tout serait semble t’il plus facile à monter en anglais…

La Puce songea alors qu’elle aurait bien aimé mettre la main sur la traduction qui pourrait l’amener à comprendre qu’est-ce qu’ils le valaient de se retrouver dans un espace semi-boisé d’un camping municipal à des kilomètres  d’emmerdement de La Cité.

Elle se doutait bien que tout avait commencé avec la boîte.

Parce que dans un chef-d’œuvre de rhétorique pur ,sa mère lui avait interdit de dormir dedans dehors, surtout pas la nuit parce que cela ne se faisait pas ,que c’était dangereux et dernier argument béton : parce que cela n’était pas fait pour ça.L’emballage de carton avait été créé pour protéger un Frigidaire. Que pouvait-on répliquer à cela? Évidemment tout effort de comparaison entre une petite fille et un électro-ménager s’avéra vain. Mais sans trop savoir pourquoi,ses efforts lui valurent l’achat d’une tente sur un terrain en face duquel sévissait une roulotte entourée de faux gazon, encerclée de flamants roses en plastique et un vrai caniche.

Ce dernier avait tout l’air d’apprécier son moment à l’air pur avec autant de circonspection que La Puce mais avait plus de talent pour l’exprimer. C’est à dire avec une passion rappelant drôlement la plus totale agressivité. 

 

L’animal avait beau être frêle,ses crocs n’avait rien à envier aux dents de son petit frère même s’il avait l’avantage d’être retenu par une laisse( le caniche , pas le petit frère).

Ce dernier avait trouvé le moyen de se faire un ennemi mortel du caïd du camping, un gros et imposant bonhomme à qui il aurait été bien inutile de le menacer de lui péter les palettes du devant, vu qu’elle n’avait pas encore repoussées…

Il avait aussi eut la joyeuse idée de perdre un soulier et pour une raison tout à fait incongrue,il avait semblé indispensable à la mère de La Puce que ce soit cette dernière qui doivent aider le garçon à le retrouver…

Tout cela pour la simple raison que c’était elle la grande sœur. Il y a des jours où elle aurait vraiment souhaitée être un Frigidaire…

Mais semble-t’il que ce ne serait pas ce jour là…

Par défaut

5./ LA VIE DEHORS!

Le mot éducation vient du latin educare qui veut dire cultiver ,dans le sens de faire pousser pas dans celui d’instruire. Il faudrait pas oublier que César et ses amis étaient des cultivateurs à la base!

Quoi qu’il en soit mes fleurs partiraient en courant si faire se peut,mes tomates déprimeraient le plus enthousiaste frugivore et mes roses ne m’aiment pas mais peu m’importe parce que pour moi l’été sert d’abord et avant tout à faire pousser mes enfants.

 

Chez nous la saison estivale rime avec: désorganisation.On se couche tard et on se lève… Tôt!
Par un mystère encore non résolu,je n’ai pas à négocier 5 minutes supplémentaires avant le réveil,ni de faire fluctuer ma voix de la plus douce à la plus franchement énervée avant d’obtenir un semblant de collaboration de ma marmaille apathique. Pas besoin non plus de les arroser d’invectives ou de menaces bien senties: ces rabats-joies osent se lever tous seuls!
Parce que de septembre à juin,je crois que les deux mots que mes enfants m’entendent le plus dire sont:
-Vite,vite,vite et go,go,go, versus un Je t’aime expéditif mais pourtant sincère.
Bizarrement l’un des premiers mots prononcés par ma progéniture dès leurs premiers instants de vie est:
Attend!
C’est à croire j’ai réussi bien malgré moi à transmettre mon manque de contrôle avec le temps…
Pour moi,l ‘été est le seul moyen de le tuer proprement.

De plus,j’ai tout le loisir de boire mon café enfin chaud: c’est sûr qu’à 42 degré Humidex cela devient un plaisir contestable: mais enfermée pieds nus sur les dalles froides de la salle de lavage du sous-sol,cela devient … Ok peut-être un peu bizarre mais appréciable…

D’autant plus que j’ai moins de lavage à faire et je ne me planifie pas de budget en cas de catastrophe naturelle.( lire: poussée de croissance)les pantalons 3/4 deviennent des shorts et des shorts ben c’est court!Et acheter des sandales au mois de juillet, c’est diablement moins compliqué que de trouver des bottes ou des mitaines en début mai…ou de convaincre quelqu’un de remettre ses jambières parce que Météomédia annonce une autre bordée!

Mes prochains articles seront donc consacrés à ma saison préférée, en alternance avec les aventures de La Puce qui semble vouloir continuer à se raconter des histoires…

Bon été!

Gege

Par défaut

11./PARCE QUE CELA NE SE FAIT PAS!

Évidemment pour une raison bizarre et saugrenue, le compagnon de La Puce, ne pût dormir dans sa nouvelle demeure comme prévu. Étrangement ,on pouvait rester toute la journée dans une boîte de carton et en faire notre maison.Mais pas la nuit. Et quand on demande pourquoi les adultes on souvent des réflexes (devenus réflexions) plutôt illogiques pour le commun des enfants qui se posent des questions.

La première explication tenait à peu de chose:

1.LA SÉCURITÉ 

Bon.Pour La Puce,il suffisait de présenter les choses comme elles étaient.Ses arguments étaient pour elle aussi solides qu’irréfutables:

1. Ils seraient deux dans la boîte et en plus au troisième étage sur le balcon.

À quoi sa mère répliqua que personne ne pourrait les surveiller puisque la nuit tout le monde dormait.

À quoi La Puce répondit que le jour aussi sa grand-mère dormait tout l’après-midi et que personne ne l’empêchait de jouer pour autant! 

-Bien sûr parce que tout le monde était debout!

il semblait à La Puce que c’était justement plus dangereux quand tout le monde était debout, plutôt qu’endormi.Si elle se fiait à sa propre expérience personnelle,elle n’avait jamais dérangée ni créé le moindre ennui à personne en dormant,sauf la fois ou elle avait eu la gastro et qu’elle avait vomi dans les cheveux de son petit frère…

Mais cette fois là ,elle se sentait en pleine forme et son copain avait méme répliqué qu’au pire si La Puce était malade,il ramasserait tout puisqu’il le faisait de toute façon quand son père prenait une brosse à la maison.

La Puce avait trouvé cette dernière intervention assez incompréhensible puisque le père du Chat était chauve mais elle s’était dit que c’était sans doute pour ça que l’homme était malheureux et buvait de la bière tout le temps…

Quoi qu’il en soit,il s’avèrera que même cette dernière intervention ne fit pas le poids…

2.LA CULPABILITÉ

La Puce changea donc de stratégie et puisque la simple logique ne changeait rien à l’affaire,elle tenta d’y aller par les sentiments:

-Elle argüa que de toute façon de nuit comme de jour sa mère n’était même pas là, qu’elle était même jamais là ! Que dedans comme dehors ,on ne pouvait jamais rien faire et que dehors comme dedans ,ce n’était même pas une vraie maison! Que sa boîte de carton était beaucoup plus belle et qu’elle vivrait pour toujours dedans ! 

C’est étonnant vu la force et la conviction des arguments mais cela ne marcha pas….

À la place, La Puce vit apparaître une nouvelle expression,phrase toute faite employée par les adultes pour mieux s’en sortir quand la simple autorité ne suffisait pas:

NON! PARCE QUE CELA NE SE FAIT PAS!

Voilà autre chose! Pensa La Puce. Elle apprit dès lors à faire une distinction entre la théorie et la pratique.

Puisque c’était comme ça,ils n’avaient qu’à veiller toute la nuit dans leur chambre la nuit et dormir dans leur boîte tout le jour!

La Puce était très motivée à tenir son engagement mais tomba endormi bien avant que sa mère ne parte travailler le lendemain. Un bruit caractéristique la tira de son sommeil pourtant. Un son qui s’avèrerait toujours rassurant et apaisant autrement:

Celui de la pluie sur les carreaux. Quand elle arriva au balcon,elle trouva la boîte-maison inondée …

 

 

 

Par défaut

4./QUELLE ÉDUCATION ?

Débat brûlant s’il en est un , tout le monde s’entend sur la nécessité d’éduquer nos enfants, mais peu sont d’accord sur la manière et encore moins sur le fond du problème: 

-C’est quoi ça l’éducation ?

Est-ce vraiment nécessaire ?

Pourquoi éduque-t’on?

Qu’est-ce qu’on veut à la fin?

1.Des citoyens engagés et responsables?

2. Des travailleurs qualifiés?

3.Des bonnes personnes heureuses et équilibrées?

4.Des gens créatifs capables d’innovation?

5.Des esprits critiques doués d’éloquence et d’une capacité d’indignation devant l’injustice , la corruption, l’abus de pouvoir ou la simple bêtise humaine?

Comment expliquer que des leaders, des modèles dans des disciplines aussi variées que :

-la littérature:Dany Laférrière

-le rap: Samian

-le sport : George St-Pierre

Aient réussis leurs vies professionnelles avec un seul secondaire 5?

Que de plus en plus de professionnels souffrent de maladies liées au stress ,burn-out et autres joyeusetés liés au monde du travail?

Que l’augmentation de notre espérance de vie va proportionnellement à l’inverse de la qualité de notre vie en tant qu’individu et de celle de notre planète?

Que nos enfants n’ont jamais été aussi troublés,malheureux et sur-médicamentés et que ,considérant le point juste avant,ils le seront probablement pour longtemps….?

Je vous lance tout cela,comme ça, à la figure,suite à un événement des plus troublants: ma visite au Centre des Sciences de Montréal pour l’Exposition sur les Grottes de Lascaux. En rencontrant mes alter -égo de l’Époque Cromanienne, je me suis rendu compte à quel point nous avons peu évolués depuis : même physionomie,même cerveau, même défis de se nourrir,de se vêtir, de s’éclairer…et d’éduquer les plus petits…. Le mandat était plus clair direz-vous: celui de survivre!

Parce que vous trouvez qu’il a changé vous?

Peut-être dans la manière…C’est sans doute pourquoi des gens s’inscrivent à l’émission Survivors sans même savoir comment allumer un feu…

Mais les images peintes sur les murs de Lascaux n’étaient pas faites en vain , ni par recherche d’esthétisme ,ni par jeu :il s’agirait plutôt d’une vaste encyclopédie animalière à la hauteur des attentes de n’importe quel Wikipédiste. Je me plait à penser aux hordes de jeunes chasseurs-apprentis qui déambulèrent à la lumière des torches devant ces spectaculaires dessins animés à apprendre le cycle des saisons, la diversité du règne animal ,capable d’appliquer sur le terrain les apprentissages reçus par des vieux de la vieille,heureux de transmettre leurs savoirs ,renouvelés ,améliorés ,de génération en génération, pour qu’aujourd’hui nous puissions à notre tour léguer à nos enfants l’étendue de nos connaissances,habiletés et valeurs et leurs apprendre…à vivre…en se posant les bonnes questions, comme par exemple:

Avec quelle éducation?

 

 

 

Par défaut

3./LA DOUDOU.

J’ai toujours aimé m’enrouler dans des couvertures. Plus jeune, je me tordais devant la télé tel un Pogo géant dans des édredons un peu raides d’avoir séchés dehors et que j’assouplissais en tournant comme une toupie déréglée sur le plancher du salon.

Puis, il y eut les jours de gros rhumes ou la doudoune devint aussi importante dans la guérison que la soupe de malade au poulet et nouilles…et bien plus efficace que le toujours si imbuvable sirop Lambert…

Plus tard, c’est bien lové au creux du sofa et bien entourée de moelleuses grosses couvertes et un gros sac de blé puffé, que j’écoutais mes émissions préférées, prétexte pour prétendre à une confortable solitude,jusqu’au jour où je rencontrais mon amoureux. Le précieux duvet ne servit plus qu’à camoufler des ébats timides quoi que délicieux.

Les Vieux disaient que c’est dans les fourneaux neufs que ce font les meilleurs gâteaux. J’ajouterais que c’est dans les vieilles doudous que naissent les jeunes amours…et les plus beaux bébés.

Polars, châle de laine blanc, drap de coton doux bercèrent les jours et les nuits de mes enfants et ont su leurs apporter joie et réconfort. Certains de ces doudous ont soufferts d’un excès d’affection au point de devenir d’effroyables guenilles effilochées, à ce point sales qu’elles auraient pu faire travailler le système immunitaire d’un escadron de marmot ainsi que toute leur suite au complet. Ce qu’elles firent probablement.

Puis ce fut moi qui reprit goût à ma doudoune, sans doute prise un peu de la nostalgie du temps d’avant ou parce que mon bien aimé me délaissa au salon pour les longs bras tendres,soyeux et soudainement si attrayants du Lazy Boy…

Les soirs d’été se firent aussi plus caressants, assis devant un bon feu, une couverture molletonnée sur les jambes, un verre de rouge à la main, ;la tête levée vers les étoiles ou vers les yeux de mon compagnon de vie.

Mais voilà que j’hérite d’un bien étrange cadeau, plié en 4, débordant d’une boite, comme un peu de trop, embarrassant mes yeux à la fois songeurs et contrariés:

Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir en faire?

Son histoire est pourtant captivante même si elle débute dans un mouroir. C’est à dire dans la section des soins palliatifs d’un hôpital où quelqu’un attend, tout entortillé sur lui même qu’une ambulance se prête au jeu d’effectuer un trajet en sens contraire et le ramène comme si c’était tout naturel, à la maison…pour mourir tout aussi naturellement…

Pour effectuer ce voyage surnaturel, les ambulanciers le couvre doucement d’une couverture de polar aussi jaune qu’il est permis de l’être et où se répète à profusion de grandes lettres écrites en noir.

Elle est laide mais le patient s’y accroche aussi sûrement qu’il peut l’être devant la mort qui s’en vient comme si elle avait tout son temps. Tellement qu’enfin arrivé chez lui, soudainement attendris, les ambulanciers contre toute attente et toutes les règles administratives, lui laissèrent la chose.

Elle l’accompagna dans une soudaine remontée de vie provoquée sans aucun doute par un retour dans ses affaires,ses habitudes,son monde.Elle le suivit dans sa longue et douloureuse descente ,ponctué du sommeil artificiel provoqué par la morphine.

Elle faillit l’envelopper quand vint le temps de déménager dans un appartement plus petit et plus abordable où il aurait les moyens de mourir… Mais l’équipe d’ambulanciers moins compatissant que leurs confrères d’avant,certains diront plus professionnels,voulurent ravoir le bien public conformément au règlement, sans plus attendre la fin.

La doudou devint alors objet de résistance puisqu’elle disparue d’un coup de pied agile dessous un bureau,puis une chaise, pour s’immobiliser derrière une porte sous le nez des contrariants auxiliaires médicaux qui durent abandonner la bataille avant même qu’on se soit vraiment engager à la débuter.

On la déplaça donc vers le dernier lieu,envelopper tel un lange,les derniers vestiges d’un corps amaigri au point où les os perçaient la peau.Elle devint dès lors une protection, certes éphémère mais véritable pour escorter l’homme vers sa destination finale.

Et voilà que dans les boîtes qui constituent mon héritage,se retrouve l’objet,lavé et un peu raide, propre et capable d’évoquer la nostalgie sans toutefois être réconfortante.

Un bien familial inexploitable.Un trésor d’inutilité.
Bon à retourner vers le bien commun.
J’appellerai demain….

   

Par défaut

2./LA MARCHE DES BRAVES

 

La Puce apprit à marcher très tardivement mais à parler très tôt. Elle ne comprit évidemment pas sur le coup le plaisir de concilier les deux. Le premier désir, c’est de se lever. Le regard s’élève d’autant plus, plus loin, plus haut. À cet âge, pas plus La Puce que les autres poupons, ne savent rien des secrets de l’évolution humaine, ni ce qui pousse les jambes à vouloir dépasser les limites du monde connu mais elle était à même d’apprécier avec beaucoup de reconnaissance, la nature de l’avoir pourvu de fesses, capable d’atténuer les contrecoups de la chute.

Parce que c’est en tombant qu’on apprend à se relever.

Autant physiquement que moralement. C’est la grande leçon que La Puce tira d’avoir accompagné sa mère de portes à portes dans les rues de la Cité en 1980 pour défendre l’idée de faire du Québec, un pays. Elle apprit durement que la route est longue de la dépendance à l’ :

AUTONOMIE.

Elle eut la chance de marcher jusqu’à l’école de son quartier à chaque matin, beau temps, mauvais temps en compagnie de d’autres enfants, elle apprit tout en se déplaçant à petits pas à échanger différents points de vue sur l’existence du Père Noël, la possibilité de marier René Simard, sur celle de mourir si on se regarde dans le miroir en répétant trois fois : Bloody Mary… Donc de les bases de la :

 COMMUNICATION.

Elle en était à sa première année de secondaire et s’était joint à une méga-manifestation étudiante provinciale pour protester contre le retrait d’un droit fondamental et identitaire : celui de porter des Jeans.

Des milliers de pieds ont donc déambulés dans les rues de la Cité, tel un milli-patte géant, unis, soudés par la volonté de faire respecter leurs droits. Cependant l’exercice n’aurait certainement pas été la même si des milliers de voix, tonnante en une seule s’était élevée dans les airs en scandant un synonyme de vivre ensemble :

DÉMOCRATIE.

Plusieurs mots méritèrent qu’elle marche pour eux, qu’elle les porte, les supporte, qu’elle les chante, les répète et les crie à en perdre la voix :

JUSTICE, ÉGALITÉ, SOLIDARITÉ…

Autant de mots qui lui permirent d’avancer et de cheminer en dedans comme au dehors, en repartant du même point de départ, dans le même corps, mais beaucoup plus solide qu’avant.

Il y eut les marches de pénitence quand elle accompagnait sa grand-mère au Chemin de Croix tous les Vendredi Saints où elle apprit la force du : RECUEILLEMENT

Il y eut aussi les marches pour le plaisir. Celles qu’on fait pour le bonheur des yeux et du cœur. Où on échange, on transmet, on apprend en compagnie de ceux qu’on aime à…

AIMER :

Les roches, les bouts de bois, les cocottes, les belles fleurs blanches sur le bord du chemin ; assez   pour en faire un bouquet (jusqu’à ce qu’elle apprit l’existence et les symptômes d’exposition au panais)

Les bonheurs simples qui l’amenèrent à vivre des situations enivrantes comme de faire pipi derrière un arbre (mais au fait le derrière d’un arbre quelqu’un sait où c’est ?)

Le sentiment d’avoir accompli un défi hors du commun quand elle parvint à se hisser tout en haut de sa première montagne où elle expérimenta pour la première fois le :

La Puce marchait donc souvent, longtemps avec raison. Les plus belles furent celle qu’elle fit sans. Les escapades, les randonnées qu’on accomplie pour le :

PLAISIR.

 Et un jour une louve s’amena sur sa route. Une louve qui lui proposa une raison de marcher que La Puce ne soupçonnait pas jusque là et qui pourtant rassemblait tout ce qui l’avait poussé à user sa voix et ses bottines le long des sentiers escarpés où des trottoirs bétonnés de la Cité. Une louve qui luttait pour :

VIVRE.

C’est avec beaucoup de bonheur que La Puce se joindra à sa meute pour amasser des fonds pour l’appuyer dans sa lutte contre le cancer. Et ajouter une raison de plus d’avancer et d’enrichir son parcours le :

COURAGE

 

 

 

 

 

Par défaut

1. / FLOW
PARENTHÈSE
Il y a des moments dans la vie où les temps se chevauchent et s’emmêlent tout à la fois. Où la frontière entre le passé et le présent s’estompent en laissant une étrange impression de déjà vu.
Pour La Puce, ce soir d’août fut l’un de ceux-là. Ce moment où, comme tous les enfants du monde, on s’apprête à vivre la Rentrée. C’est à dire d’entrer à nouveau ou encore dans son cas précis de recommencer à rentrer… Parce qu’arriver dans une nouvelle école, amène tous les désagréments de la nouveauté :
-Celle que l’on représente nous-mêmes aux yeux des autres .On devient alors l’étranger. C’est-à-dire :
– l’étrange venu d’ailleurs.
Pour ne plus être étrange, il faut réussir à convaincre l’entourage qu’on est moins bizarre que les éléments naturels les plus perturbateurs du milieu tout en réussissant à persuader les autres que la place parmi les pairs est méritée. Dans un cas comme dans la Cité, que les facteurs d’exclusions expliquent notre présence au sein de l’organisation.
Autrement dit :
Prendre sa place et ne pas péter plus haut que son trou.
Ce qui revient à dire :
– de faire fermer la gueule à ceux qui chercherait des poux même à une Puce passablement échevelée, avec aplomb, courage et beaucoup d’humilité. (Donc sans aller bavasser à un adulte en poste d’autorité.)
Et pour ne plus venir d’ailleurs, c’est un peu foutu parce qu’on vient toujours d’ailleurs. Il n’y a pas grand-chose à rajouter à cela.
Et ce n’est pas toujours un désavantage puisque que d’une part, il y a quelques éléments du milieu que cela peut faire rêver (même si c’est rarement les bons : donc ceux qui se plaisent à vous rabaisser pour si peu) et cela peut aussi permettre à une Puce de repartir à zéro, par exemple en se débarrassant des autres pas fins et pas beaux et puisqu’ils se ressemblent tous d’avoir plus de répondants en affrontant les nouveaux ( qui eux ont le désavantage de rencontrer La Puce pour la première fois.)
Toutefois un organisme peu enclin à accepter un tel envahisseur peut s’avérer particulièrement agressif et transmettre aux autres corps alliés sa volonté de l’exterminer.
Le rejet laisse des traces, de celles qu’on aimerait bien laisser derrière mais qui étrangement donne d’autant plus à celle qui l’a vécu, le besoin d’être acceptée. Le sentiment de réussite dépend évidemment de la latitude que l’on possède sur qui nous accepte ou non. Certains corps sont plus révélateurs du milieu que d’autres et la réaction d’un seul peut se révéler particulièrement plus néfaste qu’un groupe entier plus ou moins bien intentionné.
Une équation peut s’avérer essentielle pour mesurer ses chances de survivre à sa première journée :
VALEUR QUE L’ON S’ACCORDE SOI-MÊME/
RESTE DE L’HUMANITÉ > 3 PAS BEAUX ET PAS FINS DU MILIEU
Plus ceux-ci sont conciliants, plus les chances de survie et par le fait même d’estime de soi augmentent. Étrangement, on peut s’exposer plusieurs fois au même problème sans pour autant s’assurer du résultat.
Tout étant égal par ailleurs, sauf notre pleine capacité à s’aider ou se nuire, le meilleur comme le pire prend du temps à prendre sa pleine mesure.
Tout étant relatif, on ne peut être certain de rien à moins de comparer deux phénomènes assez semblables…
… Et cette substitution des corps prit la forme ce soir là, d’une rentrée atmosphérique. Assise sur son balcon, la tête renversée vers l’arrière, elle vit sa première étoile filante traverser la nuit noire.
Son oncle l’avait invité à faire un vœu en lui expliquant que dans les temps anciens, on croyait que les Dieux habitaient la voute céleste derrière les étoiles. Une étoile filante n’était autre qu’un jet de lumière provenant du monde des Dieux alors que l’un deux glissait un œil curieux de notre coté de ciel, prêt à exaucer un de nos souhaits.
Faire un vœu devenait donc pour La Puce une façon de s’engager dans l’éternité, dans cette fenêtre intemporelle dans le temps où tous les souhaits de tous les enfants petits et grands se rejoignent.
On devient nostalgique avant l’heure et on s’ennuie un peu du temps d’avant où tout semblait possible pour un peu qu’on lève la tête au ciel. Sur l’instant cela semble tellement plus facile.
Son oncle lui révéla alors le plus beau des secrets : comment tout en restant immobile, on peut arriver à voyager dans le temps.
Il suffit d’observer les astres les plus rapprochés. Ainsi en regardant la Lune, on voit quelque chose qui est arrivé une minute avant. En bougeant les yeux, on la devine déjà au moment présent. En observant le Soleil, on se sent encore plus à l’épreuve du temps puisque huit minutes se sont écoulées depuis qu’on le contemplait s’élever ou se coucher tranquillement. On sait donc qu’il est beaucoup plus loin et qu’on a survécu d’une façon ou d’une autre à sa naissance ou son trépas.
Plus on regarde loin dans le ciel, plus l’échelle du temps s’éloigne et plus le temps n’est rien. On peut suivre la trace d’une étoile morte depuis des milliers d’années ou celle qui célèbre notre naissance, notre essence, notre début du monde, cet éclair, ce frisson comme celui qui se dépose sur les épaules d’un enfant un soir d’aout qui comprend qu’elle s’éveille à la vie. Comme la poussière, germe d’éternité qui s’élève dans la lumière.
Ce soir là était hier, sera demain, tant qu’il sera possible à La puce de rappeler à la mémoire de ceux qui reste, à apprendre à ceux qui viendront, ce moment passé avec quelqu’un dont le corps s’est éteint doucement, mais comme une étoile filante laisse à une petite fille devenue grande, un cœur tout brûlant.
Salut Flo!

1. / FLOW

En passant