13.Quelques fausses peurs et vrais chagrins!

Le moment que préférait La Puce au camping était celui du feu de camp. C’était l’heure où chacun pouvait parler des moments forts de la journée mais aussi au fur et à mesure que la noirceur tombait, le temps de se raconter des histoires de peur.

Quelques bêtes affreuses revenaient hanter les conversations mais deux d’entre elles marqueraient particulièrement l’imaginaire de notre héroïne :

1. La moufette

Même les plus braves tremblaient à son évocation.La Puce ne faisait pas exception.C’est qu’une rencontre avec ce monstre impliquait nécessairement un châtiment bien cruel: un bain dans du jus de tomates,la seule situation pouvant s’avérer pire que celle de prendre un bain tout court.Le monstre s’avérait particulièrement menaçant le jour des poubelles. C’est donc en courant à perdre haleine que La Puce revenait d’aller porter les déchets au chemin,avec cette joie toujours renouvelée d’avoir déjoué le sort et d’avoir survécu au pire.Beaucoup d’émotions pour éviter de rencontrer de jour un animal en réalité nocturne.Jusqu’à ce qu’elle entende parler du:

2.Le siffleux

Cette bête sauvage et monstrueuse avait été aperçu aux abords du sentier menant au petit bois.C’était selon les dire du gardien de nuit, une bête monstrueuse au corps trapu,à la tête hideuse,aux yeux méchants,aux dents acérés et aux griffes pointues qui ne manquait pas d’attaquer les enfants qui s’écartaient du sentier et sifflerait son mécontentement s’il advenait qu’un marmot ose avoir un comportement désobligeant face à la nature qui l’entourait.C’est ce qui lui valait le nom de marmotte! Aussi, bien que La Puce n’eut jamais la malchance de la rencontrer, elle lui vouait un respect immense.Mais pas autant qu’aux adultes qui loin des repères pédagogiques d’aujourd’hui savaient que les peurs d’enfants révèleraient toutes leurs magies une fois qu’ils seraient devenus grands.

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Quelques trucs à oublier….

La première année, nous avions emprunté une tente à un ami sans vérifier qu’il manquait 2 poteaux et le toit.

La deuxième année,on oublia les oreillers…. 

À chaque année son oubli….

Malgré une liste sérieuse et pourtant bien élaborée ,on arrive toujours à laisser quelque chose d’important à la maison. 

On finit par parier sur l’inévitable et on ne mise jamais sur le bon item.

Par contre,on se retrouve toujours avec des objets qui ne remplissent pas leurs promesses et prennent trop de place dans un espace restreint:

-gadgets de cuisine,conserves, jeux pour les enfants….

Alors que le plus simple plat de nouille se révèle souvent de la haute gastronomie après une journée d’excursion et que les enfants finissent par jouer avec: des roches,des branches,des cocottes et peuvent passer des heures à observer des chenilles,des grenouilles et dernier coup de cœur de ma fille: une limace…

Parfois il m’arrive de penser qu’à trop se préparer à partir, on s’y perd!

  Mais le plus important c’est qu’on finit par se retrouver nous!

C’est le bonheur que je vous souhaites à tous!

Bonnes vacances!

Gege

 

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1.MA CORDE À LINGE!

Depuis le temps que j’en rêvais!

Constatations:

Habituellement le lavage chez nous c’est le lundi mais hier il faisait tellement beau!

Première constatation: les brassées suivront la météo !

Deuxièmement : Je  profite de l’extérieur plutôt que des profondeurs obscures de la cave.

Troisièmement : le séchage est rapide et sent tellement bon!

 

Questions:

1. Quel sera l’économie d’énergie et monétaire que e je pourrai réaliser versus l’utilisation de ma sécheuse si j’étend mon linge de fin juin à début septembre?

2. Est-ce que la température sera assez clémente pour me permettre de pousser l’expérience jusqu’au bout?

3….Et euh…. Les sous- vêtements : c’est quand même assez gênant quand arrive de la visite … Non?Image

 

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12./LA VIE SAUVAGE!

C’était à n’y rien comprendre!

Plus le temps passait et moins La Puce comprenait rien de rien à rien. Elle se doutait bien maintenant pourquoi le zéro n’existait pas du temps des Romains. Il avait fallut probablement du temps à l’humanité pour savoir que la logique pouvait s’exprimer par pas grand chose ou son contraire.

Les adultes pensaient déjouer le tout en parlant. Ils pouvaient alors développer des trésors de nullité en accumulant le plus de mots possible pour ne rien dire!

Voilà à quoi pensait La Puce en observant sa mère consulter un plan en français-chinois-hindou censé indiquer comment monter une tente. Elle l’a vit tourner la feuille de dépit et soupirer de soulagement. Le tout serait semble t’il plus facile à monter en anglais…

La Puce songea alors qu’elle aurait bien aimé mettre la main sur la traduction qui pourrait l’amener à comprendre qu’est-ce qu’ils le valaient de se retrouver dans un espace semi-boisé d’un camping municipal à des kilomètres  d’emmerdement de La Cité.

Elle se doutait bien que tout avait commencé avec la boîte.

Parce que dans un chef-d’œuvre de rhétorique pur ,sa mère lui avait interdit de dormir dedans dehors, surtout pas la nuit parce que cela ne se faisait pas ,que c’était dangereux et dernier argument béton : parce que cela n’était pas fait pour ça.L’emballage de carton avait été créé pour protéger un Frigidaire. Que pouvait-on répliquer à cela? Évidemment tout effort de comparaison entre une petite fille et un électro-ménager s’avéra vain. Mais sans trop savoir pourquoi,ses efforts lui valurent l’achat d’une tente sur un terrain en face duquel sévissait une roulotte entourée de faux gazon, encerclée de flamants roses en plastique et un vrai caniche.

Ce dernier avait tout l’air d’apprécier son moment à l’air pur avec autant de circonspection que La Puce mais avait plus de talent pour l’exprimer. C’est à dire avec une passion rappelant drôlement la plus totale agressivité. 

 

L’animal avait beau être frêle,ses crocs n’avait rien à envier aux dents de son petit frère même s’il avait l’avantage d’être retenu par une laisse( le caniche , pas le petit frère).

Ce dernier avait trouvé le moyen de se faire un ennemi mortel du caïd du camping, un gros et imposant bonhomme à qui il aurait été bien inutile de le menacer de lui péter les palettes du devant, vu qu’elle n’avait pas encore repoussées…

Il avait aussi eut la joyeuse idée de perdre un soulier et pour une raison tout à fait incongrue,il avait semblé indispensable à la mère de La Puce que ce soit cette dernière qui doivent aider le garçon à le retrouver…

Tout cela pour la simple raison que c’était elle la grande sœur. Il y a des jours où elle aurait vraiment souhaitée être un Frigidaire…

Mais semble-t’il que ce ne serait pas ce jour là…

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5./ LA VIE DEHORS!

Le mot éducation vient du latin educare qui veut dire cultiver ,dans le sens de faire pousser pas dans celui d’instruire. Il faudrait pas oublier que César et ses amis étaient des cultivateurs à la base!

Quoi qu’il en soit mes fleurs partiraient en courant si faire se peut,mes tomates déprimeraient le plus enthousiaste frugivore et mes roses ne m’aiment pas mais peu m’importe parce que pour moi l’été sert d’abord et avant tout à faire pousser mes enfants.

 

Chez nous la saison estivale rime avec: désorganisation.On se couche tard et on se lève… Tôt!
Par un mystère encore non résolu,je n’ai pas à négocier 5 minutes supplémentaires avant le réveil,ni de faire fluctuer ma voix de la plus douce à la plus franchement énervée avant d’obtenir un semblant de collaboration de ma marmaille apathique. Pas besoin non plus de les arroser d’invectives ou de menaces bien senties: ces rabats-joies osent se lever tous seuls!
Parce que de septembre à juin,je crois que les deux mots que mes enfants m’entendent le plus dire sont:
-Vite,vite,vite et go,go,go, versus un Je t’aime expéditif mais pourtant sincère.
Bizarrement l’un des premiers mots prononcés par ma progéniture dès leurs premiers instants de vie est:
Attend!
C’est à croire j’ai réussi bien malgré moi à transmettre mon manque de contrôle avec le temps…
Pour moi,l ‘été est le seul moyen de le tuer proprement.

De plus,j’ai tout le loisir de boire mon café enfin chaud: c’est sûr qu’à 42 degré Humidex cela devient un plaisir contestable: mais enfermée pieds nus sur les dalles froides de la salle de lavage du sous-sol,cela devient … Ok peut-être un peu bizarre mais appréciable…

D’autant plus que j’ai moins de lavage à faire et je ne me planifie pas de budget en cas de catastrophe naturelle.( lire: poussée de croissance)les pantalons 3/4 deviennent des shorts et des shorts ben c’est court!Et acheter des sandales au mois de juillet, c’est diablement moins compliqué que de trouver des bottes ou des mitaines en début mai…ou de convaincre quelqu’un de remettre ses jambières parce que Météomédia annonce une autre bordée!

Mes prochains articles seront donc consacrés à ma saison préférée, en alternance avec les aventures de La Puce qui semble vouloir continuer à se raconter des histoires…

Bon été!

Gege

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11./PARCE QUE CELA NE SE FAIT PAS!

Évidemment pour une raison bizarre et saugrenue, le compagnon de La Puce, ne pût dormir dans sa nouvelle demeure comme prévu. Étrangement ,on pouvait rester toute la journée dans une boîte de carton et en faire notre maison.Mais pas la nuit. Et quand on demande pourquoi les adultes on souvent des réflexes (devenus réflexions) plutôt illogiques pour le commun des enfants qui se posent des questions.

La première explication tenait à peu de chose:

1.LA SÉCURITÉ 

Bon.Pour La Puce,il suffisait de présenter les choses comme elles étaient.Ses arguments étaient pour elle aussi solides qu’irréfutables:

1. Ils seraient deux dans la boîte et en plus au troisième étage sur le balcon.

À quoi sa mère répliqua que personne ne pourrait les surveiller puisque la nuit tout le monde dormait.

À quoi La Puce répondit que le jour aussi sa grand-mère dormait tout l’après-midi et que personne ne l’empêchait de jouer pour autant! 

-Bien sûr parce que tout le monde était debout!

il semblait à La Puce que c’était justement plus dangereux quand tout le monde était debout, plutôt qu’endormi.Si elle se fiait à sa propre expérience personnelle,elle n’avait jamais dérangée ni créé le moindre ennui à personne en dormant,sauf la fois ou elle avait eu la gastro et qu’elle avait vomi dans les cheveux de son petit frère…

Mais cette fois là ,elle se sentait en pleine forme et son copain avait méme répliqué qu’au pire si La Puce était malade,il ramasserait tout puisqu’il le faisait de toute façon quand son père prenait une brosse à la maison.

La Puce avait trouvé cette dernière intervention assez incompréhensible puisque le père du Chat était chauve mais elle s’était dit que c’était sans doute pour ça que l’homme était malheureux et buvait de la bière tout le temps…

Quoi qu’il en soit,il s’avèrera que même cette dernière intervention ne fit pas le poids…

2.LA CULPABILITÉ

La Puce changea donc de stratégie et puisque la simple logique ne changeait rien à l’affaire,elle tenta d’y aller par les sentiments:

-Elle argüa que de toute façon de nuit comme de jour sa mère n’était même pas là, qu’elle était même jamais là ! Que dedans comme dehors ,on ne pouvait jamais rien faire et que dehors comme dedans ,ce n’était même pas une vraie maison! Que sa boîte de carton était beaucoup plus belle et qu’elle vivrait pour toujours dedans ! 

C’est étonnant vu la force et la conviction des arguments mais cela ne marcha pas….

À la place, La Puce vit apparaître une nouvelle expression,phrase toute faite employée par les adultes pour mieux s’en sortir quand la simple autorité ne suffisait pas:

NON! PARCE QUE CELA NE SE FAIT PAS!

Voilà autre chose! Pensa La Puce. Elle apprit dès lors à faire une distinction entre la théorie et la pratique.

Puisque c’était comme ça,ils n’avaient qu’à veiller toute la nuit dans leur chambre la nuit et dormir dans leur boîte tout le jour!

La Puce était très motivée à tenir son engagement mais tomba endormi bien avant que sa mère ne parte travailler le lendemain. Un bruit caractéristique la tira de son sommeil pourtant. Un son qui s’avèrerait toujours rassurant et apaisant autrement:

Celui de la pluie sur les carreaux. Quand elle arriva au balcon,elle trouva la boîte-maison inondée …

 

 

 

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4./QUELLE ÉDUCATION ?

Débat brûlant s’il en est un , tout le monde s’entend sur la nécessité d’éduquer nos enfants, mais peu sont d’accord sur la manière et encore moins sur le fond du problème: 

-C’est quoi ça l’éducation ?

Est-ce vraiment nécessaire ?

Pourquoi éduque-t’on?

Qu’est-ce qu’on veut à la fin?

1.Des citoyens engagés et responsables?

2. Des travailleurs qualifiés?

3.Des bonnes personnes heureuses et équilibrées?

4.Des gens créatifs capables d’innovation?

5.Des esprits critiques doués d’éloquence et d’une capacité d’indignation devant l’injustice , la corruption, l’abus de pouvoir ou la simple bêtise humaine?

Comment expliquer que des leaders, des modèles dans des disciplines aussi variées que :

-la littérature:Dany Laférrière

-le rap: Samian

-le sport : George St-Pierre

Aient réussis leurs vies professionnelles avec un seul secondaire 5?

Que de plus en plus de professionnels souffrent de maladies liées au stress ,burn-out et autres joyeusetés liés au monde du travail?

Que l’augmentation de notre espérance de vie va proportionnellement à l’inverse de la qualité de notre vie en tant qu’individu et de celle de notre planète?

Que nos enfants n’ont jamais été aussi troublés,malheureux et sur-médicamentés et que ,considérant le point juste avant,ils le seront probablement pour longtemps….?

Je vous lance tout cela,comme ça, à la figure,suite à un événement des plus troublants: ma visite au Centre des Sciences de Montréal pour l’Exposition sur les Grottes de Lascaux. En rencontrant mes alter -égo de l’Époque Cromanienne, je me suis rendu compte à quel point nous avons peu évolués depuis : même physionomie,même cerveau, même défis de se nourrir,de se vêtir, de s’éclairer…et d’éduquer les plus petits…. Le mandat était plus clair direz-vous: celui de survivre!

Parce que vous trouvez qu’il a changé vous?

Peut-être dans la manière…C’est sans doute pourquoi des gens s’inscrivent à l’émission Survivors sans même savoir comment allumer un feu…

Mais les images peintes sur les murs de Lascaux n’étaient pas faites en vain , ni par recherche d’esthétisme ,ni par jeu :il s’agirait plutôt d’une vaste encyclopédie animalière à la hauteur des attentes de n’importe quel Wikipédiste. Je me plait à penser aux hordes de jeunes chasseurs-apprentis qui déambulèrent à la lumière des torches devant ces spectaculaires dessins animés à apprendre le cycle des saisons, la diversité du règne animal ,capable d’appliquer sur le terrain les apprentissages reçus par des vieux de la vieille,heureux de transmettre leurs savoirs ,renouvelés ,améliorés ,de génération en génération, pour qu’aujourd’hui nous puissions à notre tour léguer à nos enfants l’étendue de nos connaissances,habiletés et valeurs et leurs apprendre…à vivre…en se posant les bonnes questions, comme par exemple:

Avec quelle éducation?

 

 

 

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